Un joueur peut critiquer son entraineur par voie de presse sans commettre une faute grave
A l’occasion d’un conflit opposant un joueur professionnel et son entraîneur, le technicien avait affirmé dans la presse, après le départ du joueur de l’équipe 1ère, que ce dernier n’avait plus le niveau pour jouer en Ligue 1 et qu’il était très orgueilleux et égocentrique.
Le joueur, qui n’avait manifestement pas trouvé à son goût les critiques faites à son égard, avait dans la foulée répondu par média interposé. Il avait ainsi affirmé que son entraîneur manquait de diplomatie et qu’il s’amusait à salir les joueurs pour occulter ses responsabilités. Il avait en plus déposé une plainte contre son entraîneur.
Le club avait alors sauté sur l’occasion pour rompre le contrat du joueur, ce que le joueur n’avait pas manqué de contester.
La Cour d’appel saisie du litige avait décidé de faire droit à la demande du joueur en considérant que le salarié n'avait pas abusé de sa liberté d'expression, les propos reprochés s'inscrivant dans une polémique médiatique avec l'entraîneur. Elle avait condamné le club à 240.000€ de dommages et intérêts.
La Cour de Cassation saisie par le Club a confirmé cette analyse en rappelant que le footballeur, comme tout salarié, jouit, sauf abus, dans l'entreprise et en dehors de celle-ci, de sa liberté d'expression à laquelle seules des restrictions justifiées par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché peuvent être apportées.
Dans ces conditions, un joueur qui répond aux critiques de son entraîneur par média interposé ne commet pas de faute grave. Attention cependant à ce que ses propos restent pour le moins modérés.
Redouane Mahrach Tatiana Vassine
Avocat en droit du sport Avocat en droit du sport
RMS Avocats - Paris
Le joueur, qui n’avait manifestement pas trouvé à son goût les critiques faites à son égard, avait dans la foulée répondu par média interposé. Il avait ainsi affirmé que son entraîneur manquait de diplomatie et qu’il s’amusait à salir les joueurs pour occulter ses responsabilités. Il avait en plus déposé une plainte contre son entraîneur.
Le club avait alors sauté sur l’occasion pour rompre le contrat du joueur, ce que le joueur n’avait pas manqué de contester.
La Cour d’appel saisie du litige avait décidé de faire droit à la demande du joueur en considérant que le salarié n'avait pas abusé de sa liberté d'expression, les propos reprochés s'inscrivant dans une polémique médiatique avec l'entraîneur. Elle avait condamné le club à 240.000€ de dommages et intérêts.
La Cour de Cassation saisie par le Club a confirmé cette analyse en rappelant que le footballeur, comme tout salarié, jouit, sauf abus, dans l'entreprise et en dehors de celle-ci, de sa liberté d'expression à laquelle seules des restrictions justifiées par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché peuvent être apportées.
Dans ces conditions, un joueur qui répond aux critiques de son entraîneur par média interposé ne commet pas de faute grave. Attention cependant à ce que ses propos restent pour le moins modérés.
Redouane Mahrach Tatiana Vassine
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Publié par RMS Avocats
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Lundi 3 octobre 2011








